Inventaire participatif des chouettes chevêches

 Chouette chevêche  le chant ici 

 

Préambule :

Conformément aux objectifs de la Charte du Parc pour la période 2011-2023, le syndicat mixte prévoit d’étudier et de proposer des moyens pour mettre en œuvre des plans de gestion ou de conservation pour les espèces les plus rares et les plus vulnérables pour lesquelles le Parc a une responsabilité particulière.

Compte tenu de la présence d’une population importante de chouettes chevêches sur le Livradois-Forez, et au regard des menaces qui pèsent sur cette espèce au niveau national et européen, le syndicat mixte du Parc a intégré le groupe « Observatoire inter-Parcs » (10 Parcs naturels régionaux) en 1996. En rejoignant cet observatoire, il s’est engagé à réaliser tous les 4 ans un recensement des mâles chanteurs sur 3 territoires (Glaine-Montaigut/Reignat, Bort-l’Etang, Augerolles/Sauviat).

 C’est à cette occasion que l’animation grand public « Nuit de la Chouette » a été lancée tous les deux ans.

La zone d’étude dans le cadre de cet observatoire concerne une surface de 4 275 ha. Une moyenne de 70 couples était notée jusqu’en 2012 où la population a diminué de moitié. Les raisons sont multiples : dégradation de son habitat, absence de sites de nidification, etc. Ce déclin montre aussi que l’érosion de la biodiversité est constante, même dans un territoire labellisé Parc naturel régional.

A partir de 2007, le groupe local de la LPO d’Ambert a conduit une action de recensement des mâles chanteurs et de pose de nichoirs sur une surface de 50 000 ha.

Une estimation de l’effectif de la population de chouettes chevêches du Livradois-Forez a été réalisée par la LPO dans les années 1990. La présence d’environ 500 couples était alors évaluée. Mais aucun inventaire systématique sur l’ensemble du Parc n’a encore été réalisé.

Dans la perspective de maintenir dans un état de conservation favorable les effectifs de cette espèce au sein de son territoire, le Parc appuyé par son réseau d’ambassadrices et d’ambassadeurs nature engage en 2018 un inventaire complémentaire sur les 83 communes favorables où l’espèce n’a jamais été recherchée.

Intérêt de l’inventaire :

La chevêche niche généralement en dessous de 700 m d’altitude dans la plupart des pays d’Europe centrale. Mais il existe de nombreuses exceptions : elle a, par exemple, été observée à 1100 m d’altitude sur le Causse Méjean (Juillard et al., 1990). Nous avons choisi ici d’établir la limite de prospection à 900 m, qui correspond à la limite altitudinale du noyer, espèce propice aux exigences de la chevêche puisqu’elle fournit des cavités lors de son vieillissement. Les zones à prospecter ont été déterminées en éliminant les grandes surfaces forestières et les zones d’altitude supérieure à 900 m.

L’intérêt de cet inventaire à court terme permettra d’améliorer les connaissances relatives à la répartition des effectifs et d’alimenter les réflexions quant à la situation actuelle des populations (répartition, typologie des habitats).

A plus long terme, les résultats permettront d’analyser les effets du changement climatique, notamment à partir des données obtenues. Cette première enquête se poursuivra en 2019 et 2020, et sera renouvelée dans 10 ans pour évaluer à nouveau l’état de la population de ce rapace.

Un protocole qui a fait ses preuves mais avec des limites :

L’étude de la chevêche concerne les mâles chanteurs. Les études existantes au niveau de l’observatoire inter-Parcs ont permis d’établir une méthodologie qui aujourd’hui fait l’unanimité. Le protocole décrit ci-après est appliqué sur l’intégralité des 83 communes du Parc.

Les comptages ne constituent pas une fin en soi et, comme dans toute démarche scientifique, le choix des méthodes doit tenir compte des finalités de l’étude et de l’exploitation des résultats. Les oiseaux représentent par ailleurs un groupe dont l’étude et le suivi sont plus difficiles qu’il n’y parait au premier abord. En effet, leurs déplacements sont conséquents, tant dans l’espace que dans le temps, et leur détectabilité peut varier considérablement.

Cette détectabilité constitue ainsi l’une des difficultés majeures des méthodes de dénombrement. Ses fluctuations sont liées à de nombreux facteurs, notamment l’espèce considérée, le milieu étudié, les conditions atmosphériques, l’heure, la saison, les conditions d’observation (bruit ambiant, …) et l’observateur lui-même. L’importance des biais apportés par ces variations de détectabilité ne doit pas être sous-estimée et peut rendre difficiles certaines comparaisons de relevés.

L’étude engagée fait appel à plusieurs observateurs entraînant un biais conséquent pour l’analyse des résultats. Afin de palier à cet effet, deux ateliers de formation consacrés aux rapaces nocturnes, à la chevêche, au protocole et à la reconnaissance du chant ont été organisés par le Parc.

Les mœurs nocturnes de la chouette chevêche imposent l’utilisation de la méthode dite de la repasse. Il s’agit de reproduire à l’aide d’un magnétophone le chant d’un mâle pendant la période des amours (mars-avril) pour faire réagir les chouettes présentes. L’inventaire se déroule aux mois de mars et avril. Pour chaque mois, les équipe font un passage sur l’ensemble des points qui lui ont été attribués entre 21h00 et 0h00 (période de forte activité pour cet oiseau).

 Le chant de la Chevêche portant environ à 500 mètres, chaque point d’écoute est distant d’un kilomètre environ. En outre, les points d’écoute sont positionnés sur des routes, chemins, intersections ou lieux-dits, facilitant l’accès au véhicule pour la prospection (du fait du grand nombre de points définis pour l’ensemble du territoire du Parc).

Chaque point d’écoute fait l’objet d’une description retranscrite sur une fiche de prospection. Une seule fiche est à remplir par soirée de comptage. Elle contient l’ensemble des renseignements nécessaires à la localisation (commune, lieu-dit, heure) des différents points d’écoute prospectés ainsi que les informations relatives à l’observation (type de perchoir, de milieu, attitudes de l’oiseau).

Tout contact avec un mâle chanteur est ensuite retranscrit sur la carte à l’aide d’une flèche indiquant la direction de l’oiseau à partir du point d’écoute et sa position précise entourée par un cercle.

La méthode rencontre toutefois des limites liées aux conditions météorologiques ; il est donc préférable de prospecter sans vent ni pluie, même si la chevêche peut chanter par temps de pluie. Les individus isolés géographiquement pouvant rester silencieux à la repasse par manque de stimulation, l’observateur doit maintenir son effort d’audition pendant toute la soirée d’écoute sous peine de faiblir en fin de séance et de sous-estimer les effectifs là où les densités sont faibles.

Enfin, d’autres espèces peuvent parfois troubler les écoutes nocturnes, comme la Chouette hulotte et la Chouette effraie, qui ne se contentent pas de répondre au chant et viennent parfois survoler le « chanteur ».

Calendrier 2018 :

Dates : Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre
Plan d’action Chevêche Préparation de la cartographie Organisation et formation des équipes Points d’écoute

Synthèse partielle

Points d’écoute pas après le 15.

Synthèse partielle

Regroupement des données Vérification

 

Synthèse partielle

Vérification Synthèse des résultats et rédaction du bilan Synthèse des résultats et rédaction du bilan

 

Synthèse des résultats :

Après chaque comptage, les équipes remettent au Parc leurs cartes et les fiches de prospection correspondantes afin que soit établie une synthèse partielle.

L’objectif de cette synthèse sera de présenter globalement la répartition des effectifs et de faire ressortir les zones nécessitant une plus grande attention durant les points d’écoute ultérieurs.

La synthèse de l’ensemble de l’étude, qui se poursuivra sur 2 à 3 ans, présentera une analyse de la répartition des populations.

Modalités de réalisation année 2018 :

Le réseau de points d’écoute est constitué de 118 points répartis entre les prospecteurs (11 équipes de 2 à 4 personnes), selon leur localisation au sein du Parc. Chaque soirée de recensement permet de couvrir un minimum de 10 points d’écoute. Ainsi, chaque équipe, en fonction de ses disponibilités et des conditions météorologiques, peut mettre en œuvre, de façon autonome, le recensement pendant la période considérée.

PROTOCOLE REPASSE CHEVÊCHE

 L’utilisation de la repasse doit être effectuée avec prudence, elle ne doit pas être utilisée au-delà du mois de mars/mi avril car elle peut perturber l’espèce en période de reproduction.

  Sécurité : Port de gilet fluo indispensable pour chaque participant.

Arrivée sur point d’écoute :

10 secondes d’écoute passive

Séquence   1 :  15 secondes chant du mâle (émission modérée)

(Si réponse rapide stopper la repasse et passer au point d’écoute suivant)

1 minute de temps d’écoute

Si aucune réponse (passer à la séquence 2)

Séquence   2 :  15 secondes chant (émission un peu plus fort)

1 minute de temps d’écoute

Si aucune réponse (passer à la séquence 3)

Séquence   3 : 10 secondes chant (émission plus forte)

1 minute de temps d’écoute

Passer au point d’écoute suivant

Période :       De mars à avril : étude.

Eté : bilan et restitution auprès des participants

 Contact Parc : Serge Chaleil 04/73/95/57/57 s.chaleil@parc-livradois-forez.org

Contact LPO Ambert :Gilles Guillemenot : crifer1@free.fr 06/95/47/93/72